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Galapagoose est la première signature du label « Magical properties », dirigé par Daedelus. L’australien nous fait l’honneur de répondre à quelques questions, interview fleuve d’un technicien nouvelle génération. Il nous a également concocté un mix de son cru, beaucoup de pistes extraites de son album d’ores et déjà disponible ici.
Tu viens de Melbourne en Australie. De notre contrée ce pays est assimilé à une scène punk rock, mais un nouveau courant 2 steps commence à émerger sérieusement non ? Comment vis tu le développement de la scène electronica là-bas ?
A Melbourne la scène punk rock a été super forte pendant longtemps avec différentes influences allant et venant de partout. Dans les années 70 et 80, c’était très présent et je pense que ce genre a marqué tous les styles qui sont apparus depuis.
Il y a un véritable sentiment d’appartenance à ce chaos qui permet à toutes les différentes scènes d’évoluer sans jamais être bloquées dans un seul genre.
La musique électronique est définitivement plus importante aujourd’hui. Il y a quelques années elle rassemblait vraiment beaucoup de stars qui venaient jouer régulièrement, et maintenant on voit apparaître plus d’artistes moins connus mais tout aussi doués. Maintenant c’est impossible de ne pas trouver l’inspiration !
C’est difficile de définir un type de scène comme celle du « 2 step » ou du « beat » etc. parce que la musique qui en sort est vraiment trop différente. J’ai l’impression que c’est plus un processus et une certaine esthétique qui nous lient tous plus qu’un genre spécifique. Je dirais que traditionnellement, l’Australie est connue pour ça – c’est à dire piocher dans un large éventail d’influences venant d’un peu partout dans le monde et de les travailler pour en faire quelque chose de nouveau avec nos propres boucles et rebondissements.
Peut être que cela vient du fait qu’on soit loin, on s’inspire de ce qui se fait dans les autres pays et souvent on se les réappropris.
C’est aussi intéressant de comprendre le chemin tortueux des artistes australiens qui ont accédé au succès international.
« Le choix de signer sur Magical Properties était assez naturel. J’ai beaucoup de respect pour le travail de Daedelus et Alfred m’a offert carte blanche. »
Quels groupes de là-bas aimerais tu voir s’exporter ?
Pour parler de Melbourne, je bossais avec le collectif « This Thing » (www.thisthing.us) qui s’inspire de gars comme Wooshie, Naps et Kane Ikin, ils font tous leurs propre sauce avec des influences allant de la West Coast jusqu’au Drone, l’Ambiant avec parfois une petite touche de Dance made in UK.
C’est ce mélange des genres qui attire des artistes à s’impliquer dans ce crew, ça reflète bien le visage de la musique de melbourne en général. Dans le même genre et dans un autre endroit je recommanderai the new Weird Australia, ils viennent de Sydney et expérimentent des sons vraiment différents et bizarres, l’album « Thomas William vs Scissor Lock » est vraiment ouf. J’attends vachement le nouveau Portable Sunsets et je vous invite à checker les trucs qu’il a fait avant, genre l’ EP Coast, c’est bourré de rythmes Slow-House.
Tu sors en ce moment ton premier album « Commitments » sur le label Magical Properties sous la direction de Daedelus. Comment as-tu rencontré le gentleman ? Qu’est ce qui t’as plût chez ce label West Coast ?
J’ai rencontré Alfred (Daedelus) il y a quelques années quand j’étudiais à Utrecht, aux Pays-Bas. J’étais allé à un de ses concerts et on a discuté ensemble à la fin, j’avais vu qu’il utilisait un programme MaxMSP pour son live.
Au début de l’année dernière, j’ai passé quelques temps à New York et on a organisé une Release Party pour notre propre programme (avec %, vous pouvez voir de quoi il s’agit ici : www.parallelogram.cc). Alfred est venu jouer pour l’occasion. J’ai joué avant lui et j’étais vraiment bluffé par sa performance et le rendu de sa qualité sonore.
Le choix de signer sur Magical Properties était assez naturel. J’ai beaucoup de respect pour le travail de Daedelus et Alfred m’a offert carte blanche. Le projet en lui même a été rapidement écrit, compte tenu de l’excitation qu’il me procurait.
C’est bizarre de voir sortir un disque sur un label international et particulièrement sur une maison West Coast. Le plus dur, on le sait, c’est de gagner le support de ta propre scène et je pense qu’une implication extérieure crée un vrai bond en avant. Aujourd’hui je pense que ma musique s’insère naturellement dans le milieu des fondateurs de ce style; j’espère que dans un futur plus ou moins proche j’éprouverai cette reconnaissance au sein du réseau UK/Europe, mais pour le moment, je me satisfait d’avoir pu intégrer cette famille.

Vous utilisez tous les deux le Monome, c’est un instrument curieux pour le public et très impressionnant à voir en live, qu’est ce qu’il te plaît dans ce contrôleur ?
Le monôme est encore un contrôleur discret dans le monde de la MAO, le truc c’est que en lui même ça ne fait rien mais couplé avec un petit programme, l’étendue de ses capacités te permet de te révéler. C’est ce qui me motive à créer de nouvelles choses. Il y a une telle liberté que ça t’encourage à créer tes propres programmes et à arpenter de nouvelles voies. En créant mes propres programmes, j’ai été capable de créer un instrument de musique qui lors d’un live t’offre une large palette d’improvisation tout en engageant une émotion très particulière chez le public. Je ne sais pas si le support est vraiment responsable de ça mais indubitablement, cela m’a ouvert l’esprit et m’a motivé à apprendre le code. La réponse tactile te donne vraiment la sensation d’être un musicien et j’ai besoin de ça pour faire ce que je veux.
C’est ton premier album, mais tu as fait quelques projets auparavant, faire des disques n’est pas ta seule activité je crois…
Je fais de la musique en tant que Galapagoose depuis début 2008, et je fais quelques timides excursions dans d’autres styles tout en essayant de garder une actu à moitié régulière. Ca a donné 3 EPs et une Beat-Tape, une sorte d’historique de mes influences. Cette collaboration est définitivement une partie importante de mon processus de créativité, je pense en particulièr avec % qui est vraiment un très bon ami.
Ensemble on a lancé un programme, bientôt un 7″ et on sort une cassette dans les prochains jours. Je passe le plus clair de mon temps avec des zicos, donc oui, faire du son, créer des choses est vraiment ma manière de grandir. Avec Wooshie on bosse sur un album, sans doute pour 2012, le temps pour moi de trouver de nouveaux sons et inspirations chez les travaux de mes proches, et sans doute invité des gens à retravaillé sur mes pistes.
Tu fais parti du collectif parallelogram et du projet loop tape (toutes les cassettes sont actuellement sold out), Tu peux nous en dire un mot ? Comment tu ressens ces experimentations ?
% et moi avons commencé Parallelogram il y a quelques années, on s’est rencontré sur internet quand je bossais sur le programme mlrv. Il m’a proposé de m’aider à tester le prototype et à corriger les bugs. A partir de là c’était normal de faire de la musique ensemble ce qui a donné le 7″ ~000. On l’a sorti 2 ans après le soft mais bon on avit pas de temps du tout à ce moment là. En 2010 on a lancé la Look Tape, un concept dédié au challenge RPM dont l’issue te proposait de faire un disque. Au bout de deux semaines on a compris que ça le ferait pas, faire un disque à 2 en 28 jours c’est vraiment tendu. Du coup on a poussé pour faire genre 2 faces qui pourraient aller ensemble. « Unfolding/Nuance » notre prochaine sortie, en est la continuité, les problèmes de compositions en binôme en moins.
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Revenons en à ton album. « One Who Can’t Move », la première piste qui a filtré est un mélange de hit hat de soul et de musique classique, ça semble bien définir le melting pot de tes influences?
Pour le style je m’inspire de tout ce que j’écoute habituellement. Récemment j’ai mixé ma House avec des trucs psyché utilisant des synthés des 60′s et des 70′s (Clara Mondshine, Mort Garson, Bo Hansson) avec les nouveaux courants expérimentaux que je peux choper. Ma boite mail semble me filer plus d’inspirationque je ne peux raisonnablement absorber.
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